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Le 10/03/2013 à 04h08

Instantanés - 21 - 100 ans plus tard...

21 - 100 ans plus tard...

"Photolalie", ou "le langage de la photo".
C'est l'expression savante employée par certains auteurs pour présenter une comparaison entre deux ou plusieurs photos prises, autant que possible, depuis le même endroit mais à des périodes très éloignées.
L'expérience est intéressante à bien des égards : elle permet, en effet, de déceler les évolutions, positives ou négatives, survenues entre les prises de vue. Ainsi l'évolution de la végétation, de l'utilisation du sol, de l'espace bâti, de l’architecture, de l'équipement routier et autre, etc.
Les publications de ce type font généralement la comparaison sur une période d'une centaine d'années, car les plus anciennes photos existantes (le plus souvent des cartes postales) datent pour la plupart du début du XXe siècle ou, au mieux, de l'extrême fin du XIXe siècle.

Pour Épehy existe une bonne collection de cartes postales anciennes et parfois de photos, que nos lecteurs ont déjà pu apprécier à l'occasion de tel ou tel article paru sur ce site. Peut-on aller plus loin, et tenter une "photolalie" du village ?

L'opération n'est pas facile, en ce sens que notre village, comme tous ceux de la ligne Hindenburg, a subi non pas une évolution mais une destruction radicale et traumatisante en 1917, de sorte que l'on serait tenté de penser que ce que nous en voyons aujourd'hui n'a plus rien de commun avec ce qu'il était auparavant. Mais est-ce bien exact ?

Pour le savoir, tentons une première comparaison aux abords du quartier de Pezières.

Les trois photos ci-dessous ont été prises à peu près depuis le même endroit, au carrefour formé par la route de Saulcourt, la rue Paul Dubois, la rue entre Murs et Bois et la rue de la Haie du Pré, toujours en direction de la Place Verte. Les deux premières, qui représentent presque le même paysage, datent au début du XXe siècle, l'autre est de 1980, donc pas tout à fait "100 ans plus tard...".
La photo 1 a été prise légèrement plus en arrière que la photo 2 et la photo 3 encore un peu plus en arrière, laissant apparaître à gauche le début de la route de Saulcourt.

Ce que nous savons :

Il est remarquable que cette dénomination très ancienne de Rue entre Murs et Bois se soit conservée jusqu'à nos jours1. Cette rue se situait effectivement entre le rempart (ou mur) édifié dès le début du 13° siècle pour protéger Pezières, l'exploitation agricole des moines (appelée alors "Grange")2, et le bois voisin dont la "Ferme du Bois" nous rappelle qu'il fut défriché tardivement ; une Ruelle du Bois y conduit d'ailleurs directement. Le "Cadastre napoléonien" (1836) signale encore là l'existence du "Bois d'Épehy" à l'intérieur duquel se situe la Ferme. La Rue entre Murs et Bois se prolongeait par l'actuelle Rue d'Écosse, nom que fut donné à cette partie en hommage aux Écossais ayant combattu là pendant la bataille d'Épehy (18 septembre 1918).
Quant à la Rue Margot, nous ne savons pas qui fut cette dame qui lui a laissé son nom...

Fig.1. Entre Murs et Bois, en direction de la Place Verte, début du XX° siècle  (Carte postale, coll. C. Saunier).
Fig.1. Entre Murs et Bois, en direction de la Place Verte, début du XXe siècle
(Carte postale, coll. C. Saunier).

Fig.2. Entre Murs et Bois, en direction de la Place Verte, vers 1905 (Carte postale, coll. C. Saunier).
Fig.2. Entre Murs et Bois, en direction de la Place Verte, vers 1905
(Carte postale, coll. C. Saunier).

Fig.3. Entre Murs et Bois, 1980 (Photo C. Saunier).
Fig.3. Entre Murs et Bois, 1980 (Photo C. Saunier).

Ce que disent les photos :

Dans les trois cas, la Rue entre Murs et Bois est là, juste devant nous, rejoignant la Place Verte au second plan. Elle est, certes, devenue bien large et surtout rendue plus rectiligne sur la photo 3. Pas encore de trottoirs, mais la pose des bordures, alors en cours, donne penser que cela ne va pas tarder. Curieusement, sur les trois photos le (futur) trottoir de gauche reste nettement moins large que celui de droite, une dissymétrie que l'on peut attribuer à l’existence ancienne d'un puits aujourd'hui disparu (voir Fig.6 de notre article "P comme puits"), car il fallait conserver une certain dégagement autour de ce puits. Sur les deux anciennes photos, on note une importante présence d'arbres conservés en bordure de rue, ce qui a peut-être valu son nom à la Place Verte toute proche, tandis qu'ils sont bien moins nombreux à l'époque moderne.

Bien sûr la grande différence entre ces photos concerne l'animation, ou l'absence d'animation qu'elles révèlent. La Fig.1 a saisi la vie quotidienne du quartier : des chevaux, un homme en vélo, quelques enfants. Avec la Fig.2, on peut présumer que l'arrivée du photographe avait été annoncée et fut sûrement un grand événement : on compte au moins 33 personnes sorties pour la photo dont une bonne moitié d'enfants, sans compter le cheval et sa charrette... alors sur la Fig.3, plus rien ni personne ne vient animer le paysage, le seul personnage étant celui du panneau indicateur "Travaux" ! Épehy serait-il devenu un village-dortoir ?

Une rue plus large en 1980, des arbres moins nombreux, de nouveaux équipements comme on pouvait s'y attendre (asphalte, fils et poteaux électriques, bordures de trottoirs), mais aussi, de façon plus inattendue, des maisons semblent bien avoir un "air de famille" avec celles d'avant la Grande Guerre. Bien sûr, ce ne sont plus les mêmes, mais elles ont gardé des points communs : leur orientation presque systématiquement pignon sur rue, même si ces pignons sont plus souvent percés de fenêtres, les toitures de tuiles, et encore ces pierres blanches venant rompre la monotonie du rouge des murs de briques.
On peut, en partie, attribuer cette ressemblance à la structure et à la taille du parcellaire qui ne permet peut-être pas de donner à la maison une autre orientation sur le terrain possédé, mais on sait aussi qu'après la guerre nombre de maisons du village furent délibérément reconstruites à l'identique ou presque, chacun préférant retrouver un chez soi semblable à ce qu'il était avant la tourmente.

(à suivre)

Notes :
1 Et non "Rue entre le Mur et le Bois" comme indiqué sur le Cadastre informatisé, feuille AB.
2 Voir : "Épehy, Recherches sur les origines d'un village picard", 2008, p. 37, ou encore sur le présent site, "Les origines du village", 3° partie.
 


Date de création : 10/07/2010 @ 11h53
Dernière modification : 10/07/2010 @ 11h58
Catégorie : Instantanés
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Réactions à cet article


Réaction n°1 

par francine le 02/08/2010 @ 01h01

Cette place ne m'est pas très familière : c'est loin de la gare !!! PArfois, un tour de village le dimanche tant que ma mère a pu se promener... Mais il est heureux que les municipalités des villages embellissent  les rues, les places,créent des "espaces verts", en somme "urbanisent " les lieux publics, non ? S'il n'y a pas grand monde ds les rues, pourquoi ? La vie professionnelle est souvent en ville, ds les alentours. Les courses se font en ville . On est ds un monde de voitures,etc...Mais les villages sont attractifs à plus d'un titre...pr pas mal de jeunes familles il semble...Etc... Bon, vous ne pourrez plus écrire qu'il n'y a aucune réaction à cet article. Je découvre seulement les instantanés ce soir... Salut !

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