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Le 10/03/2013 à 04h08

Instantanés - 41 - Les Chasseurs

41 - Les chasseurs

La chasse est une passion comme une autre.
Certes, tous ne la partagent pas, mais pour les vrais, les "chasseurs dans l'âme", c'est une occupation qui s'étend bien au-delà des quelques mois de l'année pendant lesquels ce sport est autorisée.

Cela relevait d'un véritable rituel, en plusieurs étapes1 :


Les préparatifs lointains : la fabrication à domicile des cartouches (on ne faisait guère confiance à celles du commerce et cela revenait moins cher !), pesage des plombs (de grosseurs différentes selon leur destination), dosage de la poudre, remplissage de la douille sans oublier les bourres, insertion de l'amorce, et pour finir le sertissage à l'aide de l'instrument approprié (Fig.1).

Fig.1. Le matériel de fabrication des cartouches (Photo J. Franqueville).
Fig.1. Le matériel de fabrication des cartouches (Photo J. Franqueville).

Les préparatifs rapprochés : mise à jour du permis de chasse et de la carte de sociétaire (Fig.2), essai du fusil... et aussi (mais il ne faut pas trop le dire) repérage discret de la localisation du gibier (repérage pour lequel les agriculteurs étaient bien entendu avantagés grâce à leur connaissance du terrain), surveillance, spécialement des réserves, surveillance renforcée juste avant l'ouverture, pour dissuader les braconniers, en particulier par des rondes de nuit de volontaires avec les gardes-chasse patentés. Dans le mois qui précédait l'ouverture, et face à la raréfaction de la faune naturelle (et à la multiplication des chasseurs ?), la Société de Chasse du village devait procéder à des lâchages de gibier (surtout lièvres, perdrix, faisans).

Fig.2. La carte de sociétaire, recto (Photo J. Franqueville).
Fig.2. La carte de sociétaire, recto (Photo J. Franqueville).

Le jour d'ouverture, un dimanche de début septembre. D'abord la "Messe des chasseurs", mais, bien sûr, tous n'y assistaient pas... Certains jours de chasse, chacun pouvait recevoir des invités (en nombre réglementé), c'est-à-dire des amis ou parents chasseurs d'autres villages invités à chasser sur le terroir, à charge de revanche bien entendu (Fig.3).

Fig.3. La carte de sociétaire, verso (Photo J. Franqueville).
Fig.3. La carte de sociétaire, verso (Photo J. Franqueville).

Chaque chasseur avait son "porte-carnier" qui portait la gibecière chargée (ou pas) des pièces tuées : un rôle qui était le nôtre, celui des enfants, mais il fallait aussi savoir repérer l'endroit où était tombée la perdrix tirée et courir au plus vite pour la rattraper si elle n'était que blessée (pas facile de courir dans un champ de betteraves quand on a des petites jambes !)
Et ce jour-là, on ne rentrait pas à la maison pour le repas de midi (pas de temps à perdre, d'autant plus que tous n'avaient pas une voiture) : les femmes ou les enfants apportaient à leurs chasseurs le déjeuner à un lieu de rendez-vous convenu et repartaient avec le gibier tué dans la matinée. Les premières semaines, on chassait les dimanches, mardis et jeudis, puis seulement les dimanches.

La période de chasse correspondait à l'automne et durait jusqu'à la première neige. Le dimanche de la fermeture avait aussi son cérémonial. Tous les chasseurs organisaient une grande battue qui parcourait tout le terroir, avec ses rabatteurs et ses tireurs. À vrai dire, il ne restait alors que bien peu de gibier à abattre... et sa raréfaction au fil des ans décourageait les chasseurs et faisait de la chasse un jeu quelque peu artificiel (voir Fig.4, la lettre de la Société de Chasse d'Épehy adressée à ses sociétaires).

Fig.4. Lettre de la Société de Chasse (Photo J. Franqueville).
Fig.4. Lettre de la Société de Chasse (Photo J. Franqueville).

Et puis, tout le reste de l'année on se racontait des histoires de chasse en famille ou entre amis chasseurs. Les conteurs étaient intarissables sur le sujet et les enfants que nous étions se passionnaient autant qu'eux à les écouter, même si nous connaissions par cœur la plupart de ces exploits cynégétiques cent fois répétés !

Ceux-ci étaient soigneusement consignés dans le "Carnet de chasse", ce qui permettait de comparer les résultats de chaque année (Fig.5 a-b-c).


Fig.5 a-b-c. Pages de Carnet de Chasse (Photo J. Franqueville).

Et puis, on lisait "Le Chasseur Français", la revue à laquelle tout chasseur sérieux se devait d'être abonné... Une passion, vous dis-je, au point que tel chasseur devenu vieux et qui ne pouvait plus marcher, était connu pour se faire transporter jusqu'au coin d'un champ de betteraves où il installait son pliant et tirait, parfois avec succès, le gibier qui passait à sa portée...


Deux photos familiales pour illustrer cet "Instantané", en espérant que nos lecteurs, chasseurs ou pas, nous en enverront d'autres :

Fig.6. Un chasseur heureux, Henri Moreaux (1886-1960) et son chien blanc "Miss".Tous ses chiens de chasse furent blancs et s’appelèrent "Miss" !


Fig.6. Henri Moreaux, retour de chasse
(Photo J. Franqueville, vers 1953-1955).

 

Ses histoires de chasse enchantèrent notre enfance. Il avait la nostalgie des années de l'après-guerre 14, une période où le gibier, qui n'avait pas été chassé pendant 4 ou 5 ans, abondait sur le terroir du village. Ses récits commençaient toujours ainsi : "Un jour, tio..." et se terminaient ainsi : "Pan, je l'tue ! ".

Fig.7. Maurice Franqueville (1904-1979), dans les années 1930. Bien sûr, la pose est seulement prise pour la photo, "Diane" ne s'y trompe pas !

Fig.7. Maurice Franqueville : en joue ! (Archives familiales).
Fig.7. Maurice Franqueville : en joue ! (Archives familiales).

Et une dernière photo plus étonnante : "La Loi" (Fig.8).
Une plaque qui faisait sans doute partie de l'équipement du garde-chasse ou de ses adjoints et que l'on pouvait porter à la ceinture. Elle semble avoir appartenu à Étienne Léon Franqueville (1869-1922), qui fut un fervent chasseur.

Fig.8. Plaque du garde-chasse ? (Archives Franqueville).
Fig.8. Plaque du garde-chasse ? (Archives Franqueville).

 

Et pour terminer sur une note amusante, voici la fête des écoles de Noël 1977 (Fig.9). Toute une bande de gentils chasseurs et de gentils lapins qui eurent un gros succès à la Salle des Fêtes avec leur chanson : "Ce matin, un lapin a tué un chasseur avec un fusil !"

Fig.9. Noël 1977 à la Salle des Fêtes (Photo C. Saunier).
Fig.9. Noël 1977 à la Salle des Fêtes (Photo C. Saunier).

 

 

Note :

1 Tous les documents illustrant cet "Instantané", à l'exception de la photo n°9, nous ont été fournis par Jean Franqueville que nous remercions vivement.
 


Date de création : 10/04/2011 @ 11h49
Dernière modification : 17/04/2011 @ 22h08
Catégorie : Instantanés
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