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Le 10/03/2013 à 04h08

Le village - B comme Bourgmestre

B comme Bourgmestre : un Bourgmestre à Épehy

 

18 mai 1940 – 30 août 1940. Seulement quelques mois dans l'histoire d'Épehy, exactement 104 jours. Mais des jours qui furent assez bizarres.

Le 18 mai, à midi, les Allemands sont déjà passés et les deux-tiers des habitants du village sont absents. C'est "l'évacuation", "l'exode", le grand départ vers l'ouest, mille fois raconté dans les familles, avec toutes ses péripéties et tous ses dangers. Il répondait en réalité à une série de directives élaborées entre 1920 et 1940 par le Ministère de la Guerre (aujourd'hui de la Défense) qui prévoyaient, en cas de conflit, le repli vers l'ouest des populations civiles frontalières vivant au nord du pays.

On comprend cet exode massif des habitants, si l'on se rappelle que les 300 à 400 Épéhiens ainsi devenus des "réfugiés" plus ou moins bien acceptés par le reste de la France, avaient gardé le souvenir de l'occupation, des travaux forcés, des privations etc., déjà subis pendant plus de 4 ans, car ils étaient nés dans les premières années du XXe siècle.

Il y avait pourtant quelques retardataires : ainsi Edmond Carlier et son fils Jean-Philippe, dit Serge, partent plus tard que les autres et, ce 18 mai, se trouvent seulement à Nurlu, mais avec les troupes allemandes... Là un officier allemand les interroge et les dissuade d'aller plus loin. De retour à Épehy, ils découvrent qu'en l'absence du maire Eugène Loiseaux qui, en panne de voiture, ne peut revenir chercher sa femme, un certain Monsieur Ponthieu l'a remplacé et a pris tout de suite en mains les affaires du pays.

Mairie et écoles, avant la Seconde Guerre mondiale
Fig. 1. Mairie et écoles, avant la Seconde Guerre mondiale (Carte postale, coll. C. Saunier).

Il faut dire que c'est la pagaille au village. Les portes des maisons sont restées ouvertes pour éviter l'effraction, les animaux errent librement aux champs ou dans les cours, etc., et des étrangers au village, en route vers le sud ou rentrant chez eux, y séjournent et utilisent à leur gré les maisons inoccupées et leur contenu.

Le bourgmestre1 Ponthieu, aidé par M.M. Furgerot et Ducellier, pour la circonstance employés de la commune, font des annonces, des défenses, des interdictions. Mais aussi, le boulanger M. Vélu et le boucher M. Furgerot étant restés sur place, très vite pain et viande sont distribués à la population et cela gratuitement. L'opération se fait chez M. Vélu.

Gérard Delauney se souvient fort bien de ce M. Ponthieu et de "sa femme à la grande capeline, les deux toujours tirés à quatre épingles, sa voiture noire très carrée avec des glands blancs en haut des glaces... Mon impression de gosse, écrit-il2, était qu'il était arrivé avec les Allemands ! Et qu'il se dépensait beaucoup pour tous, tout en faisant peur".

Le temps passe, des gens rentrent et constatent les dégâts, malgré cette surveillance. Les autorités françaises et allemandes attendent leur heure, qui sonne le 30 août 1940 (d'après un document officiel) : des témoins ont alors vu M. Ponthieu partir entre deux gendarmes (son crime : usurpation de fonctions). Nous ne savons pas ce qu'il est devenu, ce sera la tâche des historiens.

Comme il avait élu domicile à la "maison Corbeau", au n° 50 de la Grande Rue, on fouilla son domicile et l'on y découvrit une quantité incroyable d'objets ménagers qui furent, en septembre, exposés sans doute en Salle des Mariages de la Mairie pour que chacun puisse, peut-être, y retrouver ses biens ! Madame Bulan, entre autres, alla visiter cette brocante improvisée en compagnie de son fils Robert mais ne trouva rien qui lui ait appartenu.

À gauche, la maison Corbeau avec sa grille
Fig. 2. À gauche, la maison Corbeau avec sa grille (Carte postale, coll. C. Saunier).

En résumé, cet épisode, bien près de disparaître dans les méandres de l'histoire, semble être à mi-chemin entre le bon et le mal : plus près du bon d'ailleurs, vu l'organisation du ravitaillement du village en pain et en viande. D'autres mesures pour protéger les biens, le cheptel etc., ont sans doute été prises et oubliées avec le temps qui passe. La pseudo-brocante citée plus haut était, peut-être, une mesure de sauvegarde ?

Aucune parenté entre ce Monsieur Ponthieu et d'autres personnes de même nom n'a été trouvée.

Cette relation des faits de cette période du 17 mai au 30 août 1940 n'est qu'une partie des évènements au travers de ce que nous avons pu recueillir un peu tardivement. Elle n'est ni à charge ni à décharge pour les acteurs, et chacun se fera son opinion.

Notes :
1 Appellation qui semble avoir été donnée par les Allemands. Bürgermeister signifie maire.
2 Communication personnelle.


Date de création : 04/08/2009 @ 13h14
Dernière modification : 04/08/2009 @ 20h11
Catégorie : Le village
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