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Le 10/03/2013 à 04h08

Au fil des ans... - Le quartier de la gare (1)

ÉPEHY - QUOI DE NEUF ? JANVIER 2005– N° 61

LE QUARTIER DE LA GARE (1er article)
par Robert Bulan et Claude Saunier

Fig.1. Épehy. La quartier de la gare, vue aérienne (Coll. C. Saunier).
Fig.1. Épehy. La quartier de la gare, vue aérienne (Coll. C. Saunier).

1872. Épehy attend son chemin de fer.
Le futur quartier de la gare ressemble au quartier du sud-ouest du village: la rue de la Haie du Pré. Depuis le centre du village : les maisons, les jardins, la rue "Derrière les Haies"1 avec ses haies (bien sûr), puis ses prés. Soit la même disposition au nord comme au sud.
Les ingénieurs des chemins de fer eurent vitre fait de bouleverser ce paysage et, si esthétiquement on peut avoir quelques regrets, économiquement ce fut bénéfique.
Bientôt la ligne Paris-Valenciennes s'imprima dans ce paysage et, quelques années plus tard, ce fut le tour de la ligne Vélu-Bertincourt Saint-Quentin.
La gare d'origine était plutôt quelconque, mais le quartier avait de l'allure.
L'hôtel-restaurant Blanchard était une belle construction. En face, le café-hôtel-remises et écuries était important lui aussi. Tenu par M. Druon, puis M. Ménil, c'était en somme le relais de poste de l'époque.
Le café-tabac Bouchez se lança, à l'orée du XXe siècle, dans la bicyclette et il y eut un char des "Cycles Bouchez" à la fameuse cavalcade de 1907. Ce fut aussi l'ère des premiers pianos mécaniques, une autre de ses activités.
Un quatrième café leur tenait compagnie, tenu par un M. Censier. Faute de renseignements, nous ne savons si l'hôtel-café de M. Virgile Devastine existait avant 1914.

Tout cela va être anéanti par le feu et l'explosif de l'occupant allemand qui, pour raccourcir le front de bataille, va reculer sur la ligne Hindenburg et pratiquer la politique de la terre brûlée. La population est évacuée le 20 février 1917 et ne reverra du village que des ruines.

Nous voici en 1919 et les cartes postales, toujours là, nous montrent le Café de la Gare dans une baraque Adrian (Fig.2).

Fig.2. La Place de la gare en 1919 (Coll. C. Saunier).
Fig.2. La Place de la gare en 1919 (Coll. C. Saunier).

Une autre nous montre la gare en ruines, mais les voies réparées, et les trains des deux lignes sont déjà à quai (Fig.3). La nouvelle gare porte encore à ce jour une date : 1920.

Fig.3. La gare provisoire, 1919-1920 (Coll. C. Saunier).
Fig.3. La gare provisoire, 1919-1920 (Coll. C. Saunier).

1922-1923 voient probablement l'édification des trois hôtels-cafés-restaurants. M. Blanchard est revenu et son établissement ressemble à l'ancien hôtel. Après lui, il y a eu M. Leleu, puis M. Ponthieu, puis M. Magnier, coiffeur en plus comme M. Roger qui, lui, est aussi champion de billard.
L'hôtel-remises-écuries Ménil fut victime de l'avènement de l’automobile et du camion et perdit de son importance. Tenu par Noémie (?), puis par Mme Clotilde Delauney (Fig.4), il s'arrêta avec le décès de cette bien brave femme.

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Fig.4. Clotilde Delauney à son bar et M. Couteau, 29 juillet 1979 (Photo C. Saunier).

Parlons maintenant du Café de la Gare que nous connaissons actuellement. Ce fut M. Gaston Goubet qui l'étrenna et son nom figure au fronton de l'établissement (Fig.5).

Fig.5. Café de la Gare, tenancier Gaston Goubet (Coll. C. Saunier).
Fig.5. Café de la Gare, tenancier Gaston Goubet (Coll. C. Saunier).

Quelques années après, en lettres blanches sur la devanture vitrée, nous voyons le nom de M. Chevreuil (Fig.6).

Fig.6. Carnaval devant le Café de la Gare de M. Chevreuil, 1927 (Coll. C. Saunier).
Fig.6. Carnaval devant le Café de la Gare de M. Chevreuil, 1927 (Coll. C. Saunier).

Puis, en 1928 et jusqu'en 1958, nous arrivons à... la famille Bulan François, sa femme Élisa née Bouly avec bientôt 5 enfants (Fig.7). Élisa avait un oncle curé à Hardelot (Pas-de-Calais), plus connu comme pionnier de la radiesthésie et qui, d'ailleurs, s'exerça un jour sur les souterrains de la Place de l'église.

Fig.7. Café de la Gare François Bulan (Coll. C. Saunier).
Fig.7. Café de la Gare François Bulan (Coll. C. Saunier).

Dès leur arrivée, M. et Mme Bulan se mirent au travail, et il n'en manquait pas... En plus du café et du tabac, il y avait fort souvent des repas collectifs. Les Sociétés locales y avaient leur repas annuel : Pompiers, Fanfare, Anciens Combattants, Coopérative de Panification, Mutuelles... Les repas d'enterrement pour les familles nombreuses ne pouvaient se faire qu'au Café de la Gare. Les noces aussi, et toutes les réunions familiales nombreuses. La salle était en effet agréable, avec ses banquettes confortables, ses cuivres, ses possibilités de faire grandes tablées ou recoins familiaux. Les anciens se rappelleront la table des jeux à portée du bar, avec ses joueurs journaliers : MM. Gernez, Leconte, Pertriaux et... le quatrième. Au-dessus de leur table, au mur, une affichette : "Regarde si tu veux, mais ferme la !". Beaucoup de voyageurs en ces temps-là : des représentants, des transporteurs, courtiers, etc., d'où souvent des dizaines de repas.
Nous n'avons pas parlé de la mascotte du Café de la Gare. Un jour de 1928, 29 ou 30, M. Achille Bancourt, fermier route du Ronssoy, part chasser les oiseaux qui attaquent ses semis. Un coup de fusil abat quelques moineaux et, parmi eux, un moineau BLANC. Achille amène sa prise au Café de la Gare où quelqu'un propose de naturaliser le moineau. Ce qui fut fait et ce volatile eut une place d'honneur au bar pendant de nombreuses années et devint aussi l'enseigne du Café. On pouvait lire en lettres blanches sur la devanture : AU MOINEAU BLANC (Fig.8).

Fig.8. Café-hôtel du Moineau blanc (Coll. C. Saunier).
Fig.8. Café-hôtel du Moineau blanc (Coll. C. Saunier).

Nous parlerons la prochaine fois plus précisément de la vie de la gare elle-même, autant côté voyageurs que côté marchandises.

Note :
1 Devenue "Rue du Combat" après la Première Guerre mondiale. Sur le "Cadastre napoléonien" (1836), cette rue est dénommée "Chemin du tour des Haies".
 


Date de création : 24/07/2011 @ 17h18
Dernière modification : 24/07/2011 @ 17h18
Catégorie : Au fil des ans...
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Réactions à cet article


Réaction n°1 

par francine_Delauney le 25/07/2011 @ 09h09

Bonjour à Robert. Merci pour tous ces détails de ta maison où j'ai beaucoup joué avec ta soeur Janine...

Quant au Café Delauney, il a succédé à  celui de Noémie en 1938 je crois quand mon père et ma mère  étaient au chômage. Ma mère a arrêté le commerce en 1980 après son premier infarctus. Elle est restée ds la maison et est décédée fin 1987.Elle avait aussi qqs chambres d'hôtel.

Salut !

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