Sommaire

Fermer Petite bibliothèque

Fermer Les origines du village


L'abécédaire d'Épehy

Fermer Le village

Fermer Les champs

Fermer Instantanés

Fermer À propos de...

Fermer Au fil des ans...

Fermer Galerie de Portraits

Fermer 1914-2014, le centenaire

Fermer Courrier des Lecteurs

Recherche



Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
Captcha
Recopier le code :
20 Abonnés
Annuaire de liens
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Record de visites

   visiteurs

Le 10/03/2013 à 04h08

Au fil des ans... - Le retour en 1919 (2)

ÉPEHY - QUOI DE NEUF ? 2 octobre 2006 – N° 66

LE RETOUR EN 1919 (2° article)

Nous ne quitterons pas cette première année de retour à Épehy, sans observer que nombre de précisions, lois et règlements sont déjà prêts pour organiser la reconstruction.
C'est ainsi que les tonneaux Nissen et baraques Adrian sont montés en bout de cour, voire au jardin, de façon à laisser libres fondations, caves et restes de maisons.
 

Fig.1. Maison Cocrelle-Houet, 41 Grande Rue, vers 1925. Baraque en cours de démontage qui a subsisté au moins jusqu'en 2005 (Coll. Familiale Masson-Cocrelle).
Fig.1. Maison Cocrelle-Houet, 41 Grande Rue, vers 1925.
Baraque en cours de démontage qui a subsisté au moins jusqu'en 2005
(Coll. Familiale Masson-Cocrelle).

On prévoit que la Rue des Archers, à largeur de charrette, double cette largeur et soit relevée d'un bon mètre grâce à un remblaiement de fragments de briques dont on ne savait que faire. Même chose Rue Neuve, surtout dans sa partie basse. La Rue Hangar, devenue la Rue des Poilus, s’élargit aussi. La carrière de la Rue du Pré, au n°2 bis, est bien vite remplie.On y trouvait récemment encore des morceaux de vitraux et des encriers solaires. Remise à jour de l'état-civil, surtout côté décès : les 56 morts pour la France, les civils décédés depuis février 1917 à Berlaimont, dans les Ardennes, en Belgique, en France libre pour les évacués via la Suisse, etc.

 

Fig.2. Plaque des 56 morts apposée
       Fig.2. Plaque des 56 morts apposée dans l'église
                            (Coll. C.Saunier).

Fig.3. Une face du monument aux morts où il y a seulement
           Fig.3. Une face du monument aux morts
où il y a seulement la moitié des noms (Coll. C. Saunier).

 

Voici 1920.
Les trains circulent déjà depuis de longs mois. La gare est reconstruite ensuite (date de 1920 sur son pignon). On voit aussi très tôt, sur les cartes postales, les brasseries Durieux et Lempereur reconstruites : la bière à nouveau sur les tables symbolisait le renouveau. Précisons que les premières reconstructions furent celles d'entreprises qui pouvaient avancer les fonds de départ et qui présentaient un dossier complet et satisfaisant pour l'Administration, la Commission des Dommages de Guerre, etc.

Fig.4. Brasserie Durieux reconstruite (on voit Alexis Durieux). (Coll. Familles Durieux et Galerneau-Durieux).
Fig.4. Brasserie Durieux reconstruite (on voit Alexis Durieux).
(Coll. Familles Durieux et Galerneau-Durieux).

L'entrepreneur italien Martino Ceratto vient s'installer au village avec matériel, personnel et compétences pour tous travaux de déblaiement puis de reconstruction des maisons. Du lointain Piémont arrivent ainsi des centaines d’ouvriers et de techniciens du bâtiment. La cité des Italiens est née le long de l'actuelle Rue du Combat. Depuis la Rue de la Gare (Fig.5 et 6) se succèdent des baraques, sans doute d'habitation, une longue baraque-cantine (mais cela sans vues photographiques), et aussi des garages, entrepôts et magasins, bureaux avec, tout au fond, la baraque du patron Ceratto.

 

Fig.5. Cité des Italiens, rue du Combat vue vers
Fig.5. Cité des Italiens, rue du Combat vue vers le S.E. : voie Decauville, bureau et habitation (Coll. C. Saunier).
 

Fig.6. Cité des Italiens, rue du Combat vue vers le
Fig.6. Cité des Italiens, rue du Combat vue vers le N.O., garages et véhicules. Remarquer le pavage de grès réalisé par des prisonniers russes (Coll. C. Saunier).
 

Aucune estimation possible du nombre de baraques et tonneaux au village : 200 ? voire davantage ? Les cafés, les débits de boissons réapparaissent aussi, vu le nombre d'ouvriers présents. Si l'on buvait, on chantait aussi, par exemple "O sole mio" animé par les Italiens. Bientôt il y aura quelques pianos mécaniques.

Fig.7. Piano mécanique
Fig.7. Piano mécanique (il n'est pas d'Épehy) (Photo Internet).

Les suites de la guerre restent visibles dans les corps, avec quelques manchots, quelques jambes de bois, des gazés à l'ypérite aussi. Moins visibles, les éclats d'obus restés dans le corps des anciens combattants et la balle logée près du cœur de M. Benoit Carpentier, qu'il a gardée jusqu'à sa mort et emmenée avec lui. Dans le cœur aussi, la peine de tous ceux qui ont perdu un être cher à cette horrible guerre. La dernière, bien sûr, c'est juré !
Les commerces reprennent, boulangeries, épiceries en succursales ou privées. Les voies Decauville, en 60 cm, sont encore là. Le carton bitumé règne sur les toits. Le papier huilé en guise de vitre est-il toujours en place ? Épehy était un petit Far West. Le tank anglais est-il encore là, face à la mairie actuelle ? Il n'y a pas encore l'électricité, peu d'automobiles, et les camions sont ceux de la guerre, des Berliet, Renault, Liberty.

Fig.8. Tank anglais offert à Épehy, et bien vite disparu (Coll. C. Saunier).
Fig.8. Tank anglais offert à Épehy, et bien vite disparu (Coll. C. Saunier).

Le tonneau-église est descendu de la gare et le voilà Rue Comin. Le curé d'Épehy, l'abbé Choquet jusqu'en 1916, a laissé la place à l'abbé Léon Quenolle, d'abord remplaçant puis titulaire en 1919. Les fêtes religieuses reprennent, processions de la Fête-Dieu, des Rogations (pour les récoltes), implantation du Calvaire route d'Heudicourt, etc.
Le maire Gabriel Trocmé s'activait à la résurrection du village et profitait des nombreux voyages à Amiens de M. Ceratto pour se rappeler aux bons soins des ministères, administrations et commissions diverses qui y siégeaient. Le Préfet lui-même est venu voir Épehy, l'un des 104 villages de la Somme entièrement détruits. Le chauffeur de M. Ceratto, M.Arnold Stich, Suisse engagé volontaire 14-18 puis Français et ancien combattant, connaissait bien et la route et la ville d'Amiens, et ses renseignements nous ont été précieux.

Fig.9. M. Arnold Stich (1895-1987), chauffeur de M. Ceratto.  Il a rendu beaucoup de services à Épehy (Coll. C. Saunier).
Fig.9. M. Arnold Stich (1895-1987), chauffeur de M. Ceratto.
Il a rendu beaucoup de services à Épehy (Coll. C. Saunier).

 


Date de création : 01/12/2011 @ 11h29
Dernière modification : 01/12/2011 @ 11h29
Catégorie : Au fil des ans...
Page lue 780 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article

Réactions à cet article


Réaction n°1 

par francine_Delauney le 03/12/2011 @ 20h52

Pour la reconstruction d"Epehy par les Italiens et M. ceratto, consulter mon article "Les Italiens dans la reconstruction" à Epehy(Somme) dans le n°2du Bulletin d'information et de liaison des professeurs-Histoire et Géographie- 22-23.au CRDP AmiensPicardie 1914-1918 . La reconstruction - le souvenir.

Francine Delauney.

Haut