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Le 10/03/2013 à 04h08

Le village - G comme Gabrielle

G. comme Gabrielle : Gabrielle et sa jeune Troupe

 

Nous sommes en 1914, en pleines vacances scolaires. La guerre est déclarée entre la France et l’Allemagne. Çà devait arriver un jour. Déjà à l’école, les enfants apprenaient à manier le fusil et à obéir aux commandements. Bien sûr, ces fusils étaient en bois, mais quand même... Cependant, ce n’était encore qu’un jeu !

Mais l’Allemand est fourbe, traître, et le prouve en envahissant la Belgique, pays neutre. Malgré la résistance héroïque des Belges, leur avance est rapide et, à Epehy autant qu’ailleurs, on s’inquiète, on discute, et les nouvelles vont vite, surtout les fausses.

Gabrielle Saunier, née Trocmé
Fig.1. Gabrielle Saunier, née Trocmé,
1915 à Binic, Côtes d'Armor (Coll. C. Saunier).

Les gosses, qui sont fourrés partout, écoutent tout et comprennent ce qu’ils peuvent. Ce jour-là, les propos sont alarmants, les Allemands sont à quelques kilomètres de là, paraît-il. Çà n’empêche pas les gosses de traîner dans le village, bien que la moisson ne soit pas tout à fait finie.

Justement voici Joseph qui arrive dans la Grande Rue. Il cherche des copains et il en a, tous issus de la classe de Monsieur Tholomé qu’ils aiment bien, malgré son air sévère et ses grosses moustaches. Ils ne le savent pas, mais ils ne sont pas prêts de le revoir !!!

La classe de M. Tholomé, 1913
Fig. 2. La classe de M. Tholomé, 1913 (Coll. C. Saunier).

Légende de la photo de classe (de gauche à droite) :
Assis au 1er rang : Maurice Franqueville, Paul Héluin, Paul Vasseur, Sylvain Marquand, Robert Franqueville, Raphaël Plaquet, Roger Desmarest, Martial Poven, Antonio Christy.
2e rang : Marcel Despagne, Robert Duhanois, Joseph Censier, Jean Osset, Georges Marquand, Ludovic Cocrelle, Maurice Picard, Paul Sergent, André Héluin.
3e rang : Arthur Prévost, Jules Marquand, Arthur Dotigny, Origène Granger, Maurice Roland, Eugène Pelletier.
Dernier rang : Gustave Loy, Joseph Copin, Louis Lefèvre, Lucien Stenain, André Trouvé, Jules Gras.

La petite troupe se forme tout en remontant la Grande Rue vers Pezières. Voici Gustave venant de l’Auzière, Charles de la Place Verte, Arthur de la Rue Neuve et encore quelques autres. Ils vont, c’est certain, jouer dans le château des Moines, à l’abandon depuis des lustres et qu’ils se sont pratiquement appropriés. Les cavalcades et les parties de cache-cache y sont des plus réjouissantes. Il y a aussi l’entrée du souterrain mais là, ils ont tous la frousse !

Les voici qui passent devant la ferme Trocmé. Sur le seuil se tient Gabrielle, la fille de la maison, grande, assurée, voire autoritaire du haut de ses presque vingt ans. Ils se connaissent bien tous et les gamins l’aiment bien, mais ils n’ont que 12 ou 13 ans. Elle apostrophe la petite troupe en ces termes : « Les boches arrivent ! Il faut les arrêter et s’y mettre tous. Qui vient avec moi ? »

Le ton était vif, les circonstances s’y prêtaient, les gamins étaient prêts à en découdre : ce fut une adhésion unanime et bruyante. Gabrielle s’éclipsa quelques minutes et revint avec un sabre de cavalerie décroché de la panoplie de son père qui, maire du pays, était bien documenté. Sa fille en profitait.

Voilà notre petite troupe constituée, chacun ayant déniché une arme quelconque, gourdin, bâton, fusil en bois etc. Naturellement en tête, Gabrielle brandissait bien haut son sabre en criant : « Sus à l’Allemand, à l’envahisseur, etc. ». Les gamins suivaient, excités par le coté vrai de la situation.

De Pezières au départ, passant devant le moulin à vent d’Henri Moreaux et la barrière du Chemin de Fer du Nord, ils fonçaient plein nord vers l’ennemi !!! Vallée Vincent, Vallée aux Chevaux, l’enthousiasme ne faiblissait pas... ou si peu !

Quand même, on était moins hardi qu’au départ. Aussi quand un gamin crut voir, au débouché d’une ondulation de terrain, des formes mouvantes, et qu’un autre jura avoir entendu un coup de fusil, tout le monde était d’accord pour rebrousser chemin. Et pourtant l’ennemi n’était pas loin, à quelques kilomètres de là.

C’était le 26 août 1914 et Gabrielle ne verra jamais le "boche" car, le lendemain, elle partait très tôt avec sa mère pour Étalon, puis la France libre. Joseph et ses copains subiront quatre années d’occupation et de privations.

Cette histoire est vrai à 98 % et m’a été racontée par Joseph une soixantaine d’années après.

Le 27 août 1914 au soir, Épehy était aux mains des Allemands.

(Ce texte a été écrit et illustré par Claude Saunier)


Date de création : 06/08/2009 @ 13h45
Dernière modification : 06/08/2009 @ 13h45
Catégorie : Le village
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