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Le 10/03/2013 à 04h08

Petite bibliothèque - ♦ Trocmé G. : Éloge funèbre de Léon Franqueville

GABRIEL TROCMÉ :
            ÉLOGE FUNÈBRE DE LÉON FRANQUEVILLE, DÉCEMBRE 1922

À lire les "Carnets de guerre" de Gabriel Trocmé, on se rend compte qu'Étienne Léon Hippolyte Franqueville (dit Léon Franqueville), né en 1868, fut l'un des plus fidèles soutiens du maire d'Épehy, dès avant la Grande Guerre mais surtout pendant l'occupation allemande, pendant l'exil de la population à Berlaimont et aussi lors des premières années de la renaissance du village après la guerre. L'éloge funèbre ci-dessous en apporte la confirmation.
Descendant d'un autre Étienne Franqueville venu de Cartigny s'établir à Épehy vers le milieu du XVIIIe siècle, il avait transformé (et peut-être reconstruit) certaines dépendances de la ferme familiale située Grande Rue (actuel n°38, rue R. Trocmé) en "magasins de tissage", faisant travailler à domicile des artisans locaux pour le compte d'usines des villes voisines1. Bien sûr, tout cela disparut avec la destruction du village en 1917.
Il avait épousé, vers 1895, Marie Louise Octavie Moreaux (dite Louise Moreaux). Ils eurent deux enfants : Georges (1898-1976) et Maurice (1904-1979).
Il mourut prématurément d'une crise d'urémie à l'âge de 54 ans.

 

Léon Franqueville Louise Franqueville-Moreaux
                      Léon Franqueville                            Louise Franqueville née Moreaux

(Archives Franqueville)

Nous lui devons un document qui s'est révélé des plus utiles dans nos recherches sur l'histoire d'Épehy, le recensement de tous les évacués hébergés à Berlaimont en 1917, avec leurs nom, prénom, date et lieu de naissance et profession. Lui-même s'y trouve désigné comme "contremaître". Nous devons ce document de 17 pages à Mme Colette Rabin-François, du Cercle Historique et Généalogique de Berlaimont, qui l'a très aimablement transmis à Claude Saunier.
Les deux feuillets de cet éloge funèbre prononcé par Gabriel Trocmé, sans doute dactylographiés par lui, et sur lesquels on observe quelques retouches manuscrites faites au dernier moment par l'auteur, ont été précieusement gardés, pliés dans son portefeuille, par notre père Maurice jusqu'à sa mort, soit pendant 57 ans...
                                                                                                                                          André Franqueville

 

 

Texte original de l'éloge funèbre.
(Archives Franqueville)
 


ÉLOGE FUNÈBRE
(transcription)

"Messieurs,
Ce n'est pas sans une émotion profonde que je prends la parole devant cette tombe si prématurément ouverte : la vieille et solide amitié qui m'unissait à Monsieur Léon Franqueville me rend plus douloureuse encore la tâche qui m'incombe aujourd'hui de lui adresser le dernier adieu.
Entré dans l'Assemblée municipale en 1904, Monsieur Léon Franqueville ne tarda pas à y occuper la place qui était due à sa compétence, à son activité et à sa facilité de travail.
Très versé dans les questions de comptabilité administrative, merveilleusement doué pour l'assimilation rapide des questions les plus complexes, il était tout désigné pour occuper une place prépondérante dans nos Commissions municipales, principalement celles des Finances et des Écoles.
Membre des Commissions Administratives de l'Hospice et du Bureau de Bienfaisance, il apportait au sein de ces Commissions son concours le plus dévoué et le plus désintéressé.
C'est avec sa collaboration qu'il y a vingt-cinq ans fut reconstituée la section des Sapeurs-Pompiers. Lorsque furent créées dans cette commune les Sociétés de Secours Mutuel et de Tir, son adhésion fut une des premières qui furent reçues.
Il savait se prodiguer sans compter.
Lorsque, dans les jours sombres de l'occupation allemande, je fis appel à son dévouement pour m'aider dans la tâche si lourde et si ingrate du Service du Ravitaillement communal et régional, il me l'apporta sans hésitation, et je puis dire bien haut que si le fonctionnement de ces Services a été assuré dans des conditions parfaites de gestion et de comptabilité, c'est à lui et à lui seul que je le dois.
Enfin, lorsqu'il y a deux ans, je lui demandais encore une fois de prêter son concours pour assurer les fonctions de Secrétaire de notre Coopérative de Reconstruction, c'est de tout cœur que malgré le travail délicat et chargé qui se présentait, il me le donna tout entier.
La mort si inattendue, si foudroyante, oserai-je dire, de Monsieur Franqueville, est une grande perte pour Épehy ; il était de ces hommes serviables que l'on ne rencontre, hélas, plus souvent à notre époque, et nombreux sont, dans cette assistance attristée, ceux qui ont eu recours à lui pour la défense de leurs intérêts.
Monsieur Franqueville laisse un bien grand vide au sein de notre Conseil ; permettez-moi d'ajouter que, plus peut-être qu'un autre, je sens personnellement la perte que nous faisons aujourd'hui ; il était, dans l'Administration municipale, de ces hommes qui sont difficilement remplacés.
Au nom de mes Collègues comme en mon nom, j'adresse de tout cœur à l'ami, au collaborateur des bons et des mauvais jours, l'adieu le plus ému et je prie sa famille de bien croire à la grande part que nous prenons à sa profonde douleur".

 

La Grande Rue lors de la cavalcade du 1er avril 1907 : le char de Cambrinus.  À gauche, la maison de Léon Franqueville, puis le "Magasin de Tissage" au toit de tuiles, probablement construit pour cet usage et, à côté, le Tissage Leriche. Les deux enfants assis à la fenêtre sont vraisemblablement Georges Franqueville et son cousin Marcel Moreaux (Carte postale, coll. C. Saunier).
La Grande Rue lors de la cavalcade du 1er avril 1907 : le char de Cambrinus.
À gauche, la maison de Léon Franqueville, puis le "Magasin de Tissage" au toit de tuiles, probablement construit pour cet usage et, à côté, le Tissage Leriche. Les deux enfants assis à la fenêtre sont vraisemblablement Georges Franqueville et son cousin Marcel Moreaux (Carte postale, coll. C. Saunier).

 

Note
1 Voir sur le site l'article "T comme Tisseurs", dans Abécédaire > Le Village.

 


Date de création : 15/11/2012 @ 07h45
Dernière modification : 10/06/2013 @ 12h01
Catégorie : Petite bibliothèque
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