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Le 10/03/2013 à 04h08

Instantanés - 50 - La publicité à Épehy en 1953

50 – La publicité à Épehy en 1953

 

C'était par un beau dimanche d'été, le 14 juin 1953.

Sous la présidence de Monsieur le Sous-Préfet était organisée une réunion-concours des Corps de Sapeurs-Pompiers du canton de Roisel dont le programme était le suivant :

 

11 h. 30 – Réception des Officiels à la Mairie par le Municipalité

12 heures – Banquet sous la Présidence d'Honneur de Monsieur le Sous-Préfet

13 h. 30 - Vin d'Honneur à l'Hôtel de Ville

14 h. 15 - Revue et Instruction Technique

15 heures – Défilé et Dépôt d'une Gerbe au Monument aux Morts

 

Cela se passait-il réellement à Épehy ? Ce n'est pas sûr, car la distinction entre Mairie et Hôtel de Ville paraîtrait assez curieuse pour notre modeste village...

Cet événement ne serait-il pas celui qui nous a valu la magnifique photo, prise "vers 1955", des Sapeurs-Pompiers d'Épehy et de leur matériel, et que nous avons déjà présentée dans l'article "P comme Pompiers" (Fig.4) avec l'identité des figurants ? On ne saurait l'affirmer, mais ce n'est pas impossible... et nous nous faisons un plaisir de la reproduire encore une fois ci-dessous.

pomp4.jpg

Le personnel et le matériel des pompiers, vers 1955 (Coll. C. Saunier).

Quoi qu'il en soit, probablement pour mieux rentrer dans leurs frais, nos pompiers avaient alors imprimé, à la suite du programme de la journée, huit pages de publicité présentant les activités commerciales, artisanales et industrielles qui étaient alors celles d'Épehy (voir ci-dessous).

Une publicité très simple, bien loin de l'agressivité de celles d'aujourd'hui, sur laquelle ne figuraient que le nom, l'activité et l'adresse (mais pas toujours) de l'annonceur et, pour la majorité, dans un rectangle de 8 cm / 8 cm½, à l'exception de quatre qui, en payant davantage, ont pu disposer de plus d'espace...

L'intérêt de ce document est qu'il nous offre une sorte de panorama des activités non agricoles au village vers le milieu du XXe siècle1

Observons cependant la présence de deux "intrus" dans cette liste : le garagiste J. Allegro de Roisel et l'Agence Renault tenue par J.M. Le Noan à Heudicourt, exerçant tous deux leur activité pour une clientèle sans doute bien plus large que celle de leur propre commune.

 

instant_50_5.jpg

De quelles activités s'agissait-il ?

Il y avait d'abord les commerces alimentaires parmi lesquels on repère deux boulangeries (la Boulangerie-Coopérative et la Boulangerie-Pâtisserie Vasseur-Roselet), trois boucheries-charcuteries (Roger Chopin, Hippolyte Boulanger et Jean Bray) auxquelles il faut ajouter les Salaisons de Picardie (Lenfant), et deux coopératives d'alimentation générale (Le Familistère et l'Union – tandis que La Ruche avait déjà disparu). Au total, huit magasins d'alimentation qui permettaient aux habitants de trouver sur place les produits nécessaires aux quotidien.

Aujourd'hui ne semblent exister à Épehy qu'un magasin d'alimentation (Dhordain), une boulangerie (Poret) et une pizzéria (M. Pouillaude).

 

Il y avait aussi, bien sûr, les débits de boissons, certes moins nombreux qu'autrefois2 puisqu'on n'en trouve que cinq (le Café du Commerce Pouillaude-Osset, le Café-Hôtel-Tabac F. Bulan, le Café-Épicerie Léa Annota, le Café de la Salle des Fêtes Juliette Collet et, Place de Gare, le Café-Salon de Coiffure Maurice Magniez), auxquels s'ajoute naturellement le dépôts des Bières De Clerck dont Jean Prévost fait la livraison à domicile.

Trois cafés subsistent aujourd'hui : Boitel, Oger et Mme Pouillaude.

 

L'activité agricole, alors encore dominante, avait fait naître des entreprises annexes, en quelque sorte des auxiliaires locaux au service des agriculteurs, en amont ou en aval de la production. Se trouvent dans cette catégorie M. Baudelot (Pailles, Engrais, Tourteaux – Toute l'alimentation du Bétail), Joseph Censier (Véhicules agricoles), Robert Lobry (Forge, Maréchalerie, Ficelle-lieuse, Machines agricoles), la Coopérative Agricole du Vermandois (Blé, Produits agricoles), André Drapier (Entrepreneur de Battages – Matériel moderne au service de la Culture).

 

Au service de l'ensemble de la population, d'autres artisans exerçaient des activités techniques plus spécifiques, parfois doublées d'un magasin de vente. Ainsi, pour la quincaillerie : Copin-Despagne (Service des Eaux, Plomberie, Installateur Propagaz, Quincaillerie – Serrurerie), Copin-Colmin (Quincaillerie, Soudure autogène, Serrurerie, Zinguerie, Plomberie). Deux frères donc, pratiquement en concurrence dans la Grande Rue, mais heureusement installés à bonne distance l'un de l'autre !

Pour tout ce qui concernait l'électricité, Louis Levant répondait aux besoins des habitants, ainsi que pour la T.S.F. (Téléphonie Sans Fils) que le mot "Radio" n'avait pas encore remplacé, au moins dans la "pub". Quant à la T.V., il n'en était pas encore question, semble t-il... Un autre électricien, Marcel Levant, frère du précédent, exerçait aussi à Épehy après la guerre, mais peut-être pas jusqu'en 1953 puisque nous ne le trouvons pas ici ?

 

Pour le bâtiment et la construction, les Épéhiens avaient le choix entre deux noms : Givry (Entreprise générale, Maçonnerie, Béton armé) et Fernand Santi (Matériaux de Construction, Concessionnaire Éternit). Et, pour boucler le cycle de la vie, ils disposaient sur place d'une Entreprise de Monuments Funéraires (V. Plisnier, Croix, Plaques, Gravures) avec son atelier installé face au cimetière.

 

Plus étonnante est la présence dans ce modeste village de deux artisans à la production très particulière, Carpentier-Prévost (Chapellerie, Modes, Confections), et René Lalisse (Atelier de Cordonnerie, Montage Chaussures – Chasse, Marais – Réparations en tous genres). En quelque sorte, ils faisaient déjà figures de "survivants" face à la concurrence de la production industrielle. En faut l'activité du premier, exercée par l'épouse, portait alors surtout sur la confection ; quant au second, jeune cordonnier récemment installé, les chaussures qu'il fabriquait étaient réputées de bonne qualité, mais chères... et donc rares !

 

Davantage en phase avec la modernité, deux autres artisans apparaissent encore parmi les annonceurs épéhiens. Le garage pour automobiles Guy Despagne, route de Roisel (Réparations, Carrosserie, Peinture), et le magasin Isèbe-Fournet (Cycles, Vélomoteurs, Motos, Scooters) alors récemment installé à l'emplacement du magasin "La Ruche (Picarde)", qui, selon la publicité, pratique la Vente à Crédit et assure Toutes Réparations. Par la suite, l'entreprise étendra son activité à l'électroménager.

Ajoutons encore, parmi les services, la Pharmacie G. & G. Pauchant créée juste après la Seconde Guerre mondiale3. La publicité détaille tout ce que les patients peuvent en attendre : Ordonnances médicales, Spécialités, Bandages, Accessoires, Herboristerie, Analyses Médicales, Homéopathie, Produits Vétérinaires.

 

Enfin notre document révèle l'existence de deux entreprises de type industriel, sans commune mesure avec les commerçants et artisans du village. L'une est la "Société des Établissements Raoul Trocmé" qui occupe une demi-page parmi les publicités et dont l'ancienne activité a bien évolué depuis sa création en 1924-1925 (même si le nom de Tissage lui est resté)4. L'annonce en détaille la production d'alors : Tissus et Câblés Techniques pour Industrie du Caoutchouc, Retorderie, Câblerie, Tissage, Tissus pour Courroies, Transmissions, Transporteuses, Tapis roulants, Câblés pour Pneumatiques et Filets de Pêche".

L'autre, second gros employeur du village, est l'entreprise "Gernez & Fils" qui occupe une espace publicitaire plus modeste et annonce simplement : Tissage – Épehy, sans autre précision.

 

Au total se trouvent donc ici répertoriés 32 établissements ou entreprises desservant les habitants de la commune ou pouvant leur donner un emploi sur place. Il n'est d'ailleurs pas sûr que cette liste soit complète et que tous les commerçants et artisans de l'époque y figurent (ainsi peut-on noter l'absence du garagiste-transporteur André Lobry). Or, aujourd'hui le Bulletin municipal ne signale plus que 16 commerçants et artisans au village. Si l'on ne considère, sur nos pages publicitaires de 1953, que les établissements du même type (commerçants et artisans), on en comptait alors 30, soit le double. Quelle dégringolade ! Que s'est-il passé ?

 

Certes, au cours des 60 dernières années, la population du village a un peu diminué, passant de 1232 habitants (recensement de 1954) à 1197 (recensement de 2009), mais cette perte de 35 habitants ne suffit pas à expliquer la disparition de la moitié des commerçants et artisans dont les services seraient ainsi devenus inutiles !

 

On sait que l'explication est ailleurs.

Le rouleau compresseur d'une économie globalisée a désormais atteint l'ensemble du pays, jusqu'aux villages les plus isolés, imposant à tous sa production de masse (concentration et monopoles industriels) et sa consommation de masse (super et hypermarchés).

Le mode de vie des ruraux s'est est trouvé bouleversé, tant à cause de l'importance des changements induits par la concentration des activités et des emplois en milieu urbain que par la relative facilité des déplacements individuels : la ville et le village se sont, en quelque sorte, rapprochés et intégrés dans un même espace où la concurrence est de règle.

Dans la vie de ses habitants, le village a changé de rôle : de lieu de vie et d'activités professionnelles qu'il était encore au siècle dernier, il est devenu avant tout lieu de repos et de détente où l'on aime à se retrouver en famille loin de l'agitation urbaine, le soir comme au week-end. Et aussi un lieu où l'on espère pouvoir profiter d'une longue retraite tranquille dans un cadre champêtre agréable... mais cependant pas trop loin de la ville, lieu de consommation dont on ne saurait plus se passer : ainsi, à égale distance de Cambrai, Péronne et Saint-Quentin, les Épéhiens ont le choix !

 

1Pour les activités agricoles vers la même époque, voir l'article "F comme Fermes" dans Abécédaire > Le Village
2Voir l'article "H comme Hôtels après 1919" dans Abécédaire > Le Village.
3Voir l'histoire de cette pharmacie dans l'article "P comme Pharmacie" (Abécédaire > Le Village).
4Le lecteur trouvera, dans l'article "T comme Tissage" (Abécédaire > Le Village), une présentation détaillée du Tissage Trocmé et en particulier de son personnel en 1952.

 

 

 


Date de création : 07/01/2013 @ 12h13
Dernière modification : 07/01/2013 @ 22h46
Catégorie : Instantanés
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