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Le 10/03/2013 à 04h08

Petite bibliothèque - ♦ Maires : Les maires d'Épehy

Les maires d'Épehy

(et autres innovations révolutionnaires)

 

 

Savez-vous que M. Jean-Michel Martin est le 37e maire d'Épehy depuis que notre commune existe ? 

Et savez-vous que notre commune fête cette année (2013) ses 220 ans d'existence ?
 

Maires et municipalités

Comme dans toute la France, la municipalité d'Épehy fut créée (sur le papier) par la loi du 14 décembre 1789 votée par l'Assemblée Nationale Constituante. Partout la commune devint alors la cellule administrative de base. Cette loi uniformisait le statut des communes, mais leur délimitation était largement reprise de celle des 44 000 paroisses constituées au cours du Moyen-Age.

À partir de janvier 1790 chaque municipalité put organiser l'élection de ses représentants, premières élections de la Révolution. En fait, à Épehy, la première assemblée municipale fut élue en 1793.

La loi précisait que "Les corps municipaux auront deux espèces de fonctions à remplir ; les unes propres au pouvoir municipal ; les autres propres à l'administration générale de l'État et  déléguées par elle aux municipalités". Les membres du "Conseil général de la commune" (au nombre de 3 à 21 selon l'importance de la population) et le maire sont alors élus pour 2 ans. La même année 1789, par la loi du 22 décembre, l’Assemblée créa également les départements, circonscriptions à la fois administratives, judiciaires, fiscales et religieuses. D'abord au nombre de 83, ils portent des noms liés à leur géographie physique - cours d'eau, montagnes, mers – et sont divisés en districts (pour la Somme : Amiens, Abbeville, Doullens, Montdidier et Péronne) qui seront remplacés par les arrondissements le 17 février 1800), eux-mêmes subdivisés en cantons regroupant les communes. L’appellation de "commune" ne sera d'ailleurs généralisée qu’en 1793. De 1793 à 1801, Épehy faisait partie du canton d'Heudicourt, avant que celui-ci ne disparaisse pour être intégré à celui de Roisel.

Cependant cette réorganisation n'était pas encore pleinement démocratique : les dirigeants ne sont élus que par les citoyens les plus riches appelés "citoyens actifs", c'est-à-dire âgés de 25 ans ou plus et, pour les communes, payant une contribution directe égale à la valeur de trois journées de travail. Pour l'élection des députés, des juges, de l’évêque et des curés (hé oui!), ainsi que des membres de l’assemblée départementale, seuls les "citoyens actifs" payant l’équivalent de 10 journées de travail pouvaient voter.

Ainsi élues par les citoyens actifs, les nouvelles administrations entrent peu à peu en fonction à partir de l'été 1790. Le département est administré par un Conseil général de 36 membres élus pour 2 ans et renouvelables par moitié chaque année; et le Conseil général du district compte 12 membres élus (Constitution du 3 septembre 1791).

Mais c'est en 1795 qu'est adoptée l'administration territoriale telle que nous la connaissons encore aujourd'hui: D'après l'article 3 de la Constitution de 1795 (ou de l'An III), la France est divisée en 89 départements ; les départements sont eux-mêmes divisés en cantons et les cantons en communes. Pour un temps, cette organisation sera profondément modifiée dans un sens très centralisateur par Napoléon 1er. En vertu de la Constitution du 22 Frimaire An VIII1, la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) institue les préfets, nommés et révoqués par le Premier Consul qui deviendra bientôt l'Empereur. Chargés de l'administration, les préfets sont l'organe exécutif unique du département. Ils désignent les maires et les adjoints des communes de moins de 5000 habitants et proposent au Premier Consul (puis à l'Empereur), la nomination des autres maires.

Il faudra attendre la Monarchie de Juillet pour que soit rétablie l'élection au suffrage censitaire des conseillers municipaux (loi du 21 mars 1831) et des conseillers généraux (loi du 22 juin 1833) supprimée sous le Consulat. La personnalité civile de la commune dont le maire est à la fois représentant de l'État et exécutif du conseil municipal, est reconnue par la loi du 18 juillet 1837, de même que celle des départements par la loi du 10 mai 1838 (possibilité d'ester en justice, propriété de ses biens...). Les assemblées communale et départementale sont désormais reconnues compétentes pour prendre des décisions exécutoires.

La loi du 5 avril 1884 affirme le principe de l'élection des maires par le conseil municipal et reconnaît l'autonomie communale. L'article 61 de la loi dispose : "Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune". Commune et département acquièrent ainsi le statut de collectivité territoriale. Mais surtout cette loi prévoit enfin l’élection au suffrage universel (mais seulement masculin !) du conseil municipal qui est désigné pour une durée de 4 ans et renouvelable intégralement, de même que l’élection du maire par le conseil municipal (sauf à Paris). En 1929, la durée du mandat municipal sera portée à 6 ans. Ajoutons que les premières élections pour lesquelles les femmes eurent enfin le droit de voter furent les municipales d'avril 1945. (Pour plus d'informations, voir en particulier : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/decentralisation.asp )

 Liste chronologique des maires d'Épehy (document copié par C. Saunier).

Liste chronologique des maires d'Épehy (document copié par C. Saunier).

On voit ci-dessus qu'à Épehy, et jusqu'en 1800, la durée du mandat des sept premiers maires ne dépassa pas une année, au lieu des 3 ans théoriquement possibles. Quelles ont pu être les raisons de ce renouvellement rapide ? Elles sont sûrement variées : dissensions au sein du Conseil ? responsabilités jugées trop lourdes ? difficulté à concilier l'activité professionnelle (essentiellement agricole) et la fonction de maire ?

  Les documents2 montrent que le Conseil de District, qui siège à Péronne, suit de près la vie municipale et intervient fréquemment dans son fonctionnement. Ainsi, le 14 octobre 1793, il révoque tous les membres du Conseil municipal (qui auraient perdu la confiance publique ?) à l'exception des citoyens Damez et Le Verd puis, le 14 novembre, il rétablit dans leurs fonctions Jean Lobry, Jean-Jacques Roland, Jean-Pierre Héluin et François Gamblon et, encore un mois plus tard Thomas Joseph Carry. De même, en 1795, il demande le remplacement du conseiller Roland, chargé des actes d'état civil, mais qui ne savait ni lire ni écrire...  

Ce fut entre 1790 et 1794, et donc sous le mandat du premier maire, Pierre Héluin, que le hameau de Pezières, dépendant de l'abbaye de Vaucelles depuis le Moyen-Âge, fut définitivement rattaché à Épehy.

 

Le "Calendrier Républicain" ou "Révolutionnaire"

La refonte administrative et territoriale de la France n'a pas été, et de loin, la seule innovation mise en place par la Révolution. Les révolutionnaires avaient, en effet, l'ambition de réorganiser non seulement l'espace national mais aussi le temps des Français ou, du moins, la façon de le mesurer, en créant et en imposant pour cela l'étonnant "Calendrier Républicain" de 1793.

Les documents ci-dessous, apparemment réalisés pour le bicentenaire de la Révolution, expliquent assez clairement de quoi il s'agit.

Le calendrier républicain (document C. Saunier).

Le calendrier républicain (document C. Saunier).

Ce calendrier, aux résonances plus ou moins poétiques dont nous avons rencontré quelques exemples plus haut, est entré en vigueur le 15 Vendémiaire An II (5 octobre 1793), bien que les révolutionnaires aient fait commencer très symboliquement le nouveau décompte du temps le 1° Vendémiaire An I (20 septembre 1792), jour de la victoire de Valmy sur les Prussiens au lendemain de laquelle fut aussi proclamée la Première République3. Chaque 22 septembre marquait donc le premier jour de l'année, selon le calendrier républicain.

Ce calendrier fut supprimé le 12 Nivôse An XIV (1° janvier 1806), lorsque la République a cédé la place à l'Empire qui rétablit le calendrier grégorien.

L'année comprenait 12 mois de 30 jours auxquels étaient ajoutés 5 jours de fêtes républicaines (6 pour les années bissextiles). Chaque mois était divisé en 3 décades (sortes de "semaines" de 10 jours), et on ne disait plus "lundi", "mardi", etc., mais "primidi", "duodi", etc., qui signifiaient simplement "1° jour", "2° jour"...

Il s'agissait, on le voit, de laïciser la société en effaçant tout ce qui pouvait rappeler le christianisme (telle la semaine biblique de 7 jours du calendrier grégorien ou le dimanche, jour du Seigneur) ou même les divinités romaines évoquées par les noms des mois (de janvier à juin, et aussi ceux qui ne sont que des numéros d'ordre, de septembre à décembre, du calendrier julien !).

Le tableau ci-dessous, en 2 parties, présente une concordance des calendriers républicain (An II à An XIV) et grégorien. Les résultats des diverses tables existantes (voir sur Internet) sont parfois différents, à 1 ou 2 jours près.

 Concordance des calendriers (document C. Saunier).

Le souci de faire disparaître toute trace de christianisation de la société a bien évidemment conduit les révolutionnaires à supprimer du calendrier tous les noms de Saints et à les remplacer par des appellations plus "naturelles", comme pour les noms de mois. Ont surtout été retenus des noms de plantes, fleurs et arbres, de minéraux, mais aussi d'animaux pour le 5° jour (ou quintidi), d'outils agricoles pour le 10° jour (ou décadi), comme l'indique le tableau ci-dessous.

Concordance des calendriers journaliers, 1789 – 1989 (document C. Saunier).

Concordance des calendriers journaliers, 1789 – 1989 (document C. Saunier).

En guise de conclusion

De ces deux grandes réformes mises en place par les révolutionnaires en 1793, réforme territoriale et réforme du calendrier, seule la première a survécu jusqu'à notre époque tandis que la seconde est restée sans suite.

La réforme de l'administration territoriale correspondait, en effet, à une réelle nécessité pratique, celle de simplifier et d'uniformiser un héritage historique des plus complexes. La seconde réforme avait essentiellement des motivations idéologiques dont le résultat fut surtout, à l'inverse de la précédente, de compliquer la vie quotidienne des Français. Elle supposait que ce calendrier soit adopté (ou imposé) également par les pays voisins, pour le moins les pays européens, ce que, dans leur enthousiasme, les révolutionnaires espéraient sans doute.

De façon très réaliste, et malgré les réformes considérables qu'il allait également réaliser, l'empereur Napoléon I° n'a pas retenu celle-ci, revenant sagement au calendrier grégorien... malgré ses différends avec la Papauté.

 

Notes

1 Voir plus loin dans ce texte les explications concernant le "Calendrier Républicain".

2 Source : http.//fr.geneawiki.com

3 Ainsi se trouvait concrétisée la fameuse phrase de Goethe qui avait assisté à cette bataille de Valmy : "Ici et aujourd'hui commence une nouvelle époque dans l'histoire du monde". En réalité, l'An I n'a jamais eu cours.

 


Date de création : 23/01/2013 @ 18h39
Dernière modification : 13/05/2013 @ 17h08
Catégorie : Petite bibliothèque
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