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Le 10/03/2013 à 04h08

Le village - D comme Désertification

D comme Désertification : Épehy avant la désertification

 

Cet article présente une impressionnante image de la vie économique du village en 1969. Nous la devons à Claude Saunier à qui un ami avait prêté un Annuaire de la région de Péronne dont il a eu alors la bonne idée de recopier les pages concernant notre village.

Désertification : le mot est-il trop fort ? Certes ce document de 1969 signale qu'Épehy compte 1175 habitants, alors qu'aujourd'hui (2012) nous en sommes à 1208, c'est-à-dire 33 de plus. Mais ce que nous appelons ici désertification n'est pas la diminution de la population résidente, mais celle des diverses activités économiques exercées au village par cette population. De ce point de vue, les années 1969-1970 semblent bien marquer à la fois un maximum et aussi un tournant, celui du début d'un déclin économique local qui fait que désormais l'activité professionnelle des Épéhiens va de moins en moins trouver sa place dans le cadre du village, mais bien plutôt et façon habituelle, dans les villes des environs. L'expression "village-dortoir" est-elle, elle aussi, trop forte pour qualifier la situation actuelle à laquelle a abouti cette évolution ?

Voici donc la liste des différents corps de métiers et services alors existant à Épehy, ainsi que celle des personnes qui les exerçaient :

Agriculture et activités dérivées :

Agriculteurs : Baudelot Arthur, Capart René, Cnockaert Léon, Cocrelle Roger, Corbeaux Edgar, Dahèse, Despagne Augusta, Devillers Pierre, Dobbels Georges, Drapier, Droulez-Baudelot, Grière, Vve. Groenen, Gyselynck Jérôme, Herlemont René, Joffrin Henri, Lempereur Georges, Lesage, Loiseaux René, Loy Albert, Marquant Marcel, Marquant Sylvain, Martin-Lemarié Roland, Nobécourt Léone, Pertriaux Charles, Pertriaux André, Piermant, Thiéry Paul, Varlop Jean, Vasseur-Copin Gabriel, Vasseur-Lempereur.

Activités dérivées :

Battage et Travaux : Delaplace Onésime, Drapier Pierre

Charron : Censier Joseph

Engrais : Canipel

Grainetier, horticulture : Delaporte

 

Alimentation et Boissons 

Bières : Bulan François, Hibon, Prévost Jean

Boucherie-charcuterie : Boulanger Hippolyte, Bray Jean, Sauvage Jacques

Boulangerie : Carton, Coopérative Lenfant J.

Cafés, Boissons : Boitel Claude, Collet Paul, Delauney Clotilde, Legrand Roger (& tabacs), Oger Jacques, Pouillaude Georges

Épicerie : Boitel Claude, Familistère Lengrand, Coopérative Broda Antoine, Verdière

Salaisons : Goffart, Salaisons de Picardie

 

Bâtiment 

Chauffage, Plomberie : Copin-Colmin, Copin-Despagne Hervé

Couverture : Berthe Maurice

Maçonnerie : Dotigny Arthur

Marbrerie : Plisnier Victor

Matériaux de construction : Santi Fernando, puis Jean-Pierre

Peinture : Brouette Pierre, Wydra Georges

 

Commerce et Services

Chapelier : Carpentier-Prévost Benoît

Charbons : Canipel, Devos Michel

Coiffure : Oger Jacques, Roland Serge

Enseignes lumineuses : Hemmon & Jacquemin

Quincaillerie : Copin-Colmin, Copin-Despagne Hervé

Menuiserie : Ledez

Représentation : Georges Pouillaude

Serrurerie : Copin-Despagne Hervé, Despagne Guy & Fils, Housseman-Copin Gérard

 

Cycles, Garage & Transport

Carrosserie : Despagne Guy

Cycles, Motos : Isèbe Roland

Garage : Housseman Gérard, Lobry André

Transports : Lobry André, Santi Fernand

 

Hotellerie

Hôtels : Hôtel de la Gare (Delauney Clotilde), Hôtel de Normandie (Mme Juste), Le Moineau blanc (Legrand Roger)

 

Production industrielle

Briqueterie : Debus-Ethuin

Tissage cablés : Trocmé Raoul

 

Santé

Dentiste : Benoît

Médecine : Coste Jacques, Delval Pierre

Pharmacie : Pauchant Gaston

Vétérinaires : Basquin René, Reuet Claude

 

On trouve donc dans la liste ci-dessus pas moins de 36 activités et services localisés à Épehy. Tout cela occupait ainsi sur place un total de 94 personnes , non compris les salariés éventuels.

 

À cette impressionnante gamme d'activités diverses de production ou de services, il convient d'ajouter tout ce qui concerne la gestion et l'administration des affaires du village, s'agissant tantôt d'activités bénévoles non rémunérées (ou symboliquement rémunérées), tantôt d'emplois administratifs salariés. En voici, pour 1969, la liste par grands secteurs :

 

Gestion de la Commune

Maire : Gernez Honoré

Adjoints au Maire : Devillers Pierre, Loy Didier

Conseillers municipaux : Boitel Claude, Brouette Pierre, Delaplace Onésime, Despagne Monique, Devillers Pierre, Lecomte Pierre, Loiseaux René, Loy Didier, Marquant Guy

Secrétaire de Mairie : Rayan (Lefèvre) Mauricette

Garde champêtre : Toch René

 

Anciens Combattants

Président : Lecomte Pierre

 

Chasse

Président : Loy Didier

 

École

Instituteurs : Moral Léon, Mlle Tartaux

 

Église catholique

Curé : Abbé Baisez André

 

Gare SNCF

Chef de Gare : M. Proy

 

Hospice Camus

Directeur : C. Bliot

 

Perception

Percepteur : M. Boitel

 

Pompiers

Sous-Lieutenant : Boniface Louis

 

Postes

Receveur : M. Faucoeur

 

 

En guise de conclusion

Aujourd’hui le village ne compte plus que 5 fermes (contre 31 en 1969) avec seulement 3 chefs d'exploitation1... Quant aux activités commerciales et artisanales, le site internet de la commune en signale actuellement 14 avec 17 personnes actives, au lieu de 36 avec 94 actifs en 1969.

Cette évolution est, on le sait, celle de la majorité des campagnes de nos pays occidentaux. L'agriculture, de mode de vie y est devenue entreprise agro-industrielle productiviste, tandis que commerces et artisanats locaux n'ont pas pu résister à la concentration et aux économies d'échelle qu'elle permet, ni au dumping de la « course au moins disant » sur les prix.

Mais ne nous leurrons pas : en 1969, cette évolution était bien entamée et avait déjà contribué à supprimer certaines activités autrefois prospères : ainsi les métiers de bourrelier ou de forgeron et maréchal-ferrant avaient-ils déjà disparu du village, victimes de la généralisation du tracteur, sans que rien d'autre ne les remplace localement. De même en fut-il des métiers de brasseur, tailleur, cordonnier et autres, dont on ne trouve déjà plus trace en 1969.

Le fait que ces disparitions ne semblent pas avoir provoqué une diminution de la population peut paraître curieux. Que sont devenus celles et ceux qui travaillaient dans ces fermes, ces commerces et ces ateliers ? Même il s'agissait souvent d'une main-d’œuvre familiale, elle a bien dû chercher à s'employer ailleurs, et probablement en ville.

Bien qu'il ne semble pas exister d'étude sur les mouvements migratoires qui ont spécifiquement affecté le village, on peut penser que l'émigration induite par cette disparition des activités locales s'est trouvée compensée par une immigration venue des villes dans le cadre de ce que des auteurs ont appelé la « rurbanisation »2. Dans la mesure où le village est à la fois proche de centres urbains, et reçoit l'apport résidentiel d'une nouvelle population principalement citadine, tout en conservant un espace non urbanisé largement dominant, on peut estimer qu'il appartient bien à une zone « rurbaine » telle que définie par ces auteurs.

Ainsi, ce que J.F. Gravier écrivait à propos des campagnes auvergnates s'applique aussi bien aux nôtres : « Ces campagnes... reprennent vie parce que la réduction des effectifs agricoles y est compensée par l'installation d'ouvriers et d'employés – voire de patrons et de cadres – qui travaillent en ville tout en préférant le mode de vie rural »3. Ajoutons à l'arrivée de ces nouveaux ruraux en âge d'être actifs, l'installation de retraités désireux de profiter du bon air et du calme de la campagne, et nous aurons sûrement une assez bonne idée du profil socio-économique de la population de notre village et aussi des avantages et des services qu'elle s'attend à y trouver.

 

1 Voir sur le site l'article "F comme Fermes", dans Abécédaire > le Village, et le site de la commune : Epehy (Épy), village de Picardie : http://epehy.jimdo.com

2 Bauer G., Roux J.M., 1976, La rurbanisation ou la ville éparpillée, Ed. Du Seuil, Paris.

3 Gravier J.F.; Paris et le désert français en 1972, Flammarion, Paris.

 


Date de création : 07/05/2013 @ 18h26
Dernière modification : 16/01/2014 @ 18h14
Catégorie : Le village
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Réactions à cet article


Réaction n°3 

par afrnq le 16/01/2014 @ 18h38

Merci pour vos réactions à cet article. Cela fait toujours bien  plaisir.

J'ai donc rectifié le prénom du Dr. Coste. Quant à l'entreprise Santi, le fondateur, après la 1° guerre mondiale, s'appelait Fernando (et non Fernand comme je l'avais écrit, italien bien sûr), puis sont fils Jean-Pierre lui a succédé. J'avoue ne pas savoir lequel des deux dirigeait l'entreprise en 1969...

Pour répondre à Francine (c'est pas trop tôt...), il y avait probablement quelques couturières à Épehy, mais je pense qu'elles n'apparaissent pas sur cette liste "officielle" parce qu'elles ne devaient pas être déclarées comme telles...

Bien cordialement.
André Franqueville

Réaction n°2 

par CosteAJ le 05/01/2014 @ 11h33

Bonjour, tout d'abord bravo pour votre travail !J'apporte une petite correction quant au prénom du Dr Coste, qui n'est pas Jean mais Jacques, mais également au sujet du marchand de matériaux Mr Santi, Jean-Pierre de son prénom. Bien cordialement. 

Réaction n°1 

par francine le 11/07/2013 @ 01h34

Cette nuit, je découvre l'article désertification . En retard !!! Je revoyais en mémoire les itinéraires, d'un commerçant à l'autre , de mon enfance et adolescence... D'adulte, un peu...Exode rural ! urbanisation de ma vie !  Je disais dernièrement à des amis l'étrangeté de la présence d'un chapelier à Epy,c'est vrai . J'y étais cliente !!! pour les mariages des années 50 et 60. Avec la couturière , on avait tout sur place. Mais, au fait, il y avait plusieurs couturières ; la meilleure pour nous était Régina Godeliez-Pelletier...

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