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Le 10/03/2013 à 04h08

1914-2014, le centenaire - ♦La guerre au quotidien : Épehy - Roisel – Sainte-Émilie

LA GUERRE AU QUOTIDIEN

Épehy - Roisel – Sainte-Émilie

Les documents ci-dessous nous ont été envoyés en novembre 2016 par Monsieur Michel Delaire. Ils lui ont été proposés par Madame Nicole Mansard, passionnée d'histoire et conférencière habitant Péronne, à qui nous adressons nos plus vifs remerciements.

1914 – Les missions du cuirassier Henri Candillier

Le courrier de Madame Mansard signale l'existence d'un livret de Monsieur Pierre Candillier reprenant le journal que son père Henri Candillier, cavalier au 9ème Cuirassier, a écrit pendant la guerre 14-18. Sur les 53 feuilles recto-verso qu'il comporte, ce document évoque très brièvement deux passages du cuirassier par Épehy. Voici ce que nous rapporte Madame Mansard :

"Le cuirassier Candillier Henri, papa de Pierre Candillier, célèbre marcheur péronnais, est passé une première fois à Épehy dans un train en direction de la Belgique. Puis, lors de la retraite des troupes françaises, le 25 août (1914), cette fois à cheval, de Charleroi, en passant par Givet, Maubeuge, Landrecies, Le Cateau, il arrive à Épehy où il est dans l'obligation d'abandonner son cheval malade dans une ferme".

Plutôt que de déplacements individuels (comme nous l'avions d'abord pensé), ces déplacements du cuirassier furet ceux de l'ensemble de son régiment aux prises avec l'armée allemande en Belgique dès le début du mois d'août 1914, avant son recul jusqu'au Cateau le 24 août et jusqu'à Épehy le 25.

Les autres textes reçus de Mme Mansard nous apportent un aperçu de la vie des civils sous occupation allemande. Tantôt ce sont des extraits du journal de guerre de l'Abbé Charlier, curé-doyen de Roisel, tantôt des extraits des conférences données par Madame Mansard et utilisant cette même source. Dans son courrier Madame Mansard nous apprend que l'Abbé Charlier "...a bien voulu communiquer son journal à M. Fasol, chroniqueur au Courrier de Péronne"1. De par ses fonctions ce prêtre avait pu garder une certaine liberté de circulation pour visiter les fidèles de son doyenné qui comprenait les villages de Roisel, Épehy, Marquaix, Hamelet, Villers-Faucon, Ste. Émilie, Driencourt, Longavesnes et, ajoute Madame Mansard, "tous les villages aux alentours".

Nous présentons ci-après ces différents documents dans l'ordre chronologique des événements relatés.

Épehy – Guerre 1914–1918. 1914 – 27 août. La panique

"Cette journée compte parmi les plus affolantes de toute la guerre. Enervée par une nuit où l'on ne s'est pas couché, la population de Roisel se démoralise de plus en plus en voyant passer presque sans arrêt les habitants situés au nord, lesquels ont abandonné leur village et se sauvent affirmant que l'ennemi est sur leurs talons et qu'il se livre aux pires atrocités. Depuis une semaine, semblables bruits circulent, mais voici que les renforcent des personnes d'Épehy dignes de foi et que l'on connait, (et qui) ont été témoins de l'arrivée des uhlans en vue des premières maisons du bourg.

Il y a eu un court combat entre eux, des chasseurs cyclistes et des dragons qui se sont retirés tandis que les Allemands sont rentrés à Épehy, ont mis le feu à des fermes et se sont mis à piller les autres2.

Et comme pour corroborer ces nouvelles, on aperçoit vers Épehy la fumée et les flammes d'un grand incendie. L'ennemi à Épehy ! A moins de 8 km, et pas de forces françaises pour les arrêter ! On en signale bien à Vraignes, à Nobécourt, à Templeux, mais partout ils battent en retraite. Il n'y a qu'une chose à faire : partir ! A l'horizon, on aperçoit toujours Épehy en flammes".

1914 – 17. 28 août. Le sac d'Épehy

"Furieux d'avoir éprouvé des pertes au cours du combat d'arrière-garde livré par un détachement du 22è Dragons appuyé par une compagnie de chasseurs-cyclistes, les Allemands entrent vers 9 heures du matin dans Épehy et s'y conduisent comme des sauvages. Ils se vengent sur la population civile qu'ils terrorisent en mettant le feu de plusieurs côtés. La plupart des maisons sont dévalisées. Un vieux rentier, Mr. Gary, est pris comme souffre-douleur par une bande de brutes. Ils le forcent à s'agenouiller au milieu de la cour, le rouent de coups de crosses, lui désarticulant les bras, et finalement l'achèvent à coups de revolver. Cet assassinat ne leur suffit pas. A la ferme de Mr. Magnier, ancien maire, ils arrêtent les 4 domestiques et les fusillent. Le sac dure un jour et une nuit3".

1914 – Le retour des troupes françaises

Le lundi 14 septembre1914, tout au matin, il passe en gare un très long train suivi de quelques autres.

La nuit est très calme et ce calme continue le mardi 15, Mr. l'Abbé Charlier de Roisel se risque à se rendre à Épehy. Il trouve la ville évacuée après pillage comme à Roisel et il apprend que les jours précédents l'église a servi d'ambulance pour un millier de blessés. En revanche, il se heurte à Ste. Émilie à un escadron de cavaliers allemands qui le laissent passer, mais un moment après, une série de détonations lui font comprendre que le détachement est venu faire sauter les ponts du chemin de fer.

1914 – Les contributions de guerre

Voici les sommes qui ont dû être versées à la date du 1er octobre 1914 par quelques communes environnant Roisel, et ce qui leur va être encore réclamé par la suite :

Villers-Faucon = 5 000 Fr. - 110 bouteilles de vin + 2 bœufs
Lieramont = 3 000Fr.
Épehy = 7 000Fr.
Hervilly et Hamelet = 1 800 Fr. chacune.
 

1914 – 16 décembre. Le commandant de Ste. Émilie

De temps à autre, Mr. l'abbé Charlier obtient un laisser-passer pour visiter les paroisses de son doyenné. C'est ainsi que le 16 décembre1914, il va à Épehy. Son retour est marqué par un incident qu'il raconte ainsi :

"Comme je passais, un jeune chef allemand que je n'avais pas salué, me fait tomber mon chapeau d'un coup de cravache, puis me demande mon laisser-passer. Comme je ne lui montrais pas assez vite à son gré, il se met à vociférer :
Émilie ! Nous faisons la guerre !
- Je le sais, répondis-je, et je lui tendis mon passeport.

Il l'examina, me le rendit et s'éloigna d'un air arrogant. Sans doute le vin agissait !"

"Cette scène rapide, continue Mme Mansard, eut des témoins, des témoins encore vivants qui admirèrent la crânerie du doyen de Roisel et n'ont pas oublié le geste de superbe mépris avec lequel il tendit son papier au jeune voyou infatué de ses galons.

Puisque nous parlons de Ste. Émilie, revenons un peu en arrière et voyons comment les choses se passent à la fabrique de sucre, à la ferme et au château de la famille Vion et Demontier".

Pourquoi la fabrique de sucre n'a plus marché en 19144.

"Le samedi 7 novembre 1914, les Allemands provoquent une réunion des principaux actionnaires et fournisseurs de Ste. Émilie, à l'effet de remettre la fabrique en marche. Ce sont surtout les maires des communes avoisinantes qui sont convoqués. Chacun s'y rend escorté d'un soldat comme un prisonnier.
Après cette réunion qui n'aboutit à rien de pratique, le directeur de la sucrerie reçoit l'ordre de se rendre à Metz-en-Couture auprès d'un haut gradé de l'Intendance et, sur sa demande, il y est conduit en auto.
Le haut fonctionnaire, qui ne se doute de rien, lui demande en bon français, mais sur un ton qui ressemble à un ordre, de faire marcher la fabrique pour transformer en sucre la récolte de betteraves et s'informe s'il en a les moyens. Travailler pour l'ennemi ! Plus souvent (?) mais il ne faut pas le dire, et trouver un biais.
Après avoir réfléchi, le technicien répond :
- "Si je puis retrouver le personnel indispensable, la chose est possible, mais à une condition...
- Je n'aime pas qu'on me pose des conditions ! réplique sèchement l'Allemand.
- Celle-ci est cependant primordiale. On m'a enlevé toutes les courroies de transmission... Qu'on me les rende !
- C'est juste... et ensuite ?
- Il me faudrait un laisser-passer pour circuler dans la région.
- Vous l'aurez. Combien vous faut-il de temps?
- Je vous demande 3 jours, mais il me faut des courroies.
- D'accord, fait l'officier, impatient.

Trois jour après, nouvelle entrevue. Cette fois, Mr. Colombier, maire de Sorel, est aussi présent, appelé pour faire marcher la fabrique de Fins, mais c'est le même cas, et M. l'Intendant, qui n'a pas trouvé le moyen de remplacer les courroies, les congédie.

L'affaire n'a pas de suite. Les betteraves sont envoyées à Rocourt où l'on en fait de l'alcool".

1915 – Démontage de l'usine de Ste. Émilie

"Le 2 janvier 1915, les Allemands commencent à récupérer tout le cuivre, démontant la tuyauterie. Après le cuivre, c'est le bronze : tous ces matériaux sont transportés à Vendhuile, chargés sur des bateaux et partent on ne sait où".

 

Histoire en images de la sucrerie de Sainte-Émilie

c

Fig. 1 & 2. La sucrerie de Sainte Émilie avant 1914 (Coll. C. Saunier).

Fig. 3 & 4. L'occupation allemande et le pillage, 1914-1917 (Coll. C. Saunier)



Fig. 5. L'usine fermée, 1914-1917


Fig. 6. L'usine détruite, 1917.

Notes :
1 A propos de cette source, Madame Mansard précise que "Les extraits donnés ont été tirés d'une part de Fasol à la bibliothèque de Péronne, + de fascicules réalisés à partir de Fasol dans "D'après les notes du doyen de l'époque" ROISEL et les environs en 14-16 et février 17 : à l'évacuation de la région".
2 Ce combat eut lieu dans la rue alors appelée "Derrière les haies", parallèle à la Grande Rue d'Epehy, qui fut par la suite dénommée "Rue du combat".
3 Le lecteur pourra trouver sur ce site d'autres récits de ces journées, notamment dans notre "Petite Bibliothèque" : les batailles d'Epehy, Gustave Loy, Gabriel Trocmé, Maurice Thiery.
4 Nous avons ajouté à cette partie quelques photos tirées des archives de M.Claude Saunier et illustrant l'histoire de cette sucrerie.


Date de création : 07/04/2017 @ 18h06
Dernière modification : 21/04/2017 @ 16h37
Catégorie : 1914-2014, le centenaire
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